- Le Mounjaro (tirzépatide) est le seul traitement à double action GLP-1/GIPdisponible en France. Il agit sur deux hormones de satiété simultanément, là où l'Ozempic et le Wegovy n'en ciblent qu'une.
- Les études cliniques SURMOUNT montrent une perte de poids moyenne de 20 à 25 % du poids initial à dose maximale, les résultats les plus élevés jamais obtenus avec un traitement médicamenteux.
- Le prix varie de 275 à 350 euros par mois selon le dosage. Le Mounjaro est remboursé à 65 %dans son indication diabète de type 2, mais pas pour l'obésité seule.
- Les effets secondaires sont principalement digestifs (nausées, diarrhées, vomissements), comparables à ceux du sémaglutide.
- Depuis juin 2025, tout médecinpeut prescrire le Mounjaro pour l'obésité, sans avis préalable d'un spécialiste.
Qu'est-ce que le Mounjaro ?
Le Mounjaro est un médicament injectable développé par le laboratoire Eli Lilly. Son principe actif, le tirzépatide, est le premier d'une nouvelle classe thérapeutique : les doubles agonistes des récepteurs GLP-1 et GIP. En clair, il appuie sur deux leviers hormonaux au lieu d'un seul.
Autorisé en Europe depuis septembre 2022 pour le diabète de type 2, puis en 2024 pour l'obésité, le Mounjaro est disponible en pharmacie en France depuis fin 2024. C'est le traitement anti-obésité qui affiche les résultats les plus impressionnants dans les études cliniques, surpassant le sémaglutide (Ozempic/Wegovy) sur la perte de poids.
Le double mécanisme GLP-1/GIP
Ce qui distingue le Mounjaro de tous les autres traitements GLP-1, c'est son action simultanée sur deux hormones :
- GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1) : réduit l'appétit, ralentit la vidange gastrique, stimule l'insuline. C'est le même mécanisme que l'Ozempic et le Wegovy.
- GIP (Glucose-dependent Insulinotropic Polypeptide) : améliore la sensibilité à l'insuline, favorise la combustion des graisses et potentialise l'effet du GLP-1 sur la satiété.
Cette double action explique pourquoi le Mounjaro génère une perte de poids supérieure au sémaglutide dans les essais comparatifs. Le GIP agit comme un amplificateur.
Quelle différence avec l'Ozempic et le Wegovy ?
La confusion est fréquente entre ces trois médicaments. Retenez l'essentiel : l'Ozempic et le Wegovy contiennent du sémaglutide (action GLP-1 uniquement). Le Mounjaro contient du tirzépatide (action GLP-1 + GIP). Molécule différente, laboratoire différent, mécanisme plus large.
Mounjaro et perte de poids : des résultats record
Les chiffres du programme SURMOUNT ont fait le tour du monde médical. Aucun traitement médicamenteux n'avait jamais atteint de tels résultats sur la perte de poids. On parle de chiffres qui se rapprochent de la chirurgie bariatrique.
Les études SURMOUNT
- SURMOUNT-1 (2 539 patients, 72 semaines) : perte de poids moyenne de 20,9 %à la dose de 15 mg, contre 3,1 % avec le placebo. Plus d'un tiers des patients a perdu plus de 25 % de son poids. Publication : The New England Journal of Medicine, juillet 2022.
- SURMOUNT-2 (938 patients diabétiques) : perte de poids de 14,7 % à 15 mg. Résultat remarquable chez les diabétiques, où la perte de poids est habituellement plus difficile.
- SURMOUNT-3 (avec programme comportemental intensif) : perte de 26,6 % du poids initial. Le record absolu pour un traitement médicamenteux.
- SURMOUNT-4(étude d'arrêt) : les patients qui arrêtent le tirzépatide après 36 semaines reprennent environ 14 % de poids sur l'année suivante. Ceux qui continuent maintiennent leur perte.
La Commission de la transparence considère que le tirzépatide (Mounjaro) apporte une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) dans la prise en charge de l'obésité.
Source : HAS, avis du 9 décembre 2025
Résultats par dosage
| Dosage | Perte de poids moyenne | Patients perdant >20 % |
|---|---|---|
| 5 mg | ~15 % | ~27 % |
| 10 mg | ~19,5 % | ~37 % |
| 15 mg | ~20,9 % | ~40 % |
La perte de poids est dose-dépendante. Plus le dosage est élevé, meilleurs sont les résultats. Mais le passage à 15 mg n'est pas systématique : beaucoup de patients obtiennent des résultats satisfaisants à 10 mg avec moins d'effets secondaires.
Prix du Mounjaro en France
Le Mounjaro est l'un des traitements GLP-1 les plus chers. Son prix n'est pas réglementé pour l'indication obésité (non remboursée). Voici les tarifs indicatifs en pharmacie en 2026 :
| Dosage | Présentation | Prix indicatif / mois |
|---|---|---|
| 2,5 mg (initiation) | 4 stylos KwikPen | ~275 euros |
| 5 mg | 4 stylos KwikPen | ~275 euros |
| 7,5 mg | 4 stylos KwikPen | ~300 euros |
| 10 mg | 4 stylos KwikPen | ~320 euros |
| 12,5 mg | 4 stylos KwikPen | ~340 euros |
| 15 mg | 4 stylos KwikPen | ~350 euros |
En dose d'entretien à 15 mg, comptez environ 350 euros par mois, soit plus de 4 000 euros par an. C'est sensiblement plus cher que le Wegovy (~260 euros/mois).
Remboursement
La situation du remboursement est à deux vitesses :
- Diabète de type 2 : le Mounjaro est remboursé à 65 % par l'Assurance maladie dans cette indication, comme l'Ozempic.
- Obésité (sans diabète) : pas de remboursement en 2026. La HAS a rendu un avis favorable en décembre 2025, mais les négociations de prix avec le CEPS sont en cours.
L'avis favorable de la HAS de décembre 2025 ouvre la voie à un remboursement futur pour l'indication obésité. Aucune date n'est confirmée, mais les négociations de prix sont actives. On peut raisonnablement espérer une prise en charge partielle courant 2027.
Vous hésitez entre le Mounjaro et d'autres traitements GLP-1 ?
Effets secondaires du Mounjaro
Le profil d'effets secondaires est comparable à celui du sémaglutide (Ozempic/Wegovy). Les effets digestifs dominent, surtout en phase d'escalade de dose. La bonne nouvelle : ils tendent à s'atténuer avec le temps.
Effets fréquents
Données issues du RCP et du Vidal :
Très fréquents (plus de 10 % des patients) :
- Nausées : effet numéro un, surtout lors des augmentations de dose
- Diarrhées
- Constipation
- Vomissements
- Diminution de l'appétit (c'est aussi l'effet recherché)
Fréquents (1 à 10 %) :
- Douleurs abdominales, ballonnements
- Reflux gastro-oesophagien
- Fatigue
- Réactions au site d'injection
- Hypoglycémie (surtout en association avec des sulfamides ou de l'insuline)
Effets rares mais graves
- Pancréatite aiguë : rare mais signalée. Douleur abdominale intense = urgence médicale.
- Complications biliaires : calculs et cholécystite, risque accru lors de pertes de poids rapides.
- Risque thyroïdien : contre-indiqué en cas d'antécédent de carcinome médullaire de la thyroïde (observé chez l'animal).
- Rétinopathie diabétique : surveillance accrue chez les patients diabétiques en cas d'amélioration rapide de la glycémie.
Toute douleur abdominale sévère, réaction allergique ou changement d'humeur inhabituel sous Mounjaro nécessite une consultation médicale immédiate. N'ajustez jamais votre dosage sans avis de votre médecin.
Posologie et escalade de dose
Escalade posologique du Mounjaro
Augmentation progressive sur 20 semaines avant la dose maximale
La dose minimale efficace est 5 mg. La dose maximale est 15 mg. Votre médecin ajustera la posologie en fonction de votre tolérance et de votre réponse au traitement. Tous les paliers ne sont pas obligatoires.
Le Mounjaro s'injecte une fois par semaineen sous-cutané, le même jour chaque semaine. L'escalade est la plus progressive des trois traitements GLP-1, avec 6 paliers possibles (contre 4 pour l'Ozempic et 5 pour le Wegovy).
| Phase | Dosage | Durée |
|---|---|---|
| Initiation | 2,5 mg / semaine | 4 semaines |
| Palier 1 | 5 mg / semaine | 4 semaines minimum |
| Palier 2 | 7,5 mg / semaine | 4 semaines |
| Palier 3 | 10 mg / semaine | 4 semaines |
| Palier 4 | 12,5 mg / semaine | 4 semaines |
| Dose max | 15 mg / semaine | En continu |
Point important : la dose de 2,5 mg n'est pas thérapeutique. C'est une dose d'initiation pour habituer le corps. L'efficacité commence vraiment à 5 mg. Tous les patients n'ont pas besoin d'atteindre 15 mg. Beaucoup stabilisent leur poids entre 10 et 12,5 mg.
Oubli d'injection ? Si moins de 4 jours se sont écoulés depuis la date prévue, injectez la dose manquée. Au-delà, sautez-la et reprenez le calendrier habituel. Ne doublez jamais.
Avis patients et témoignages
Le Mounjaro est plus récent que l'Ozempic en France, mais les retours des premiers utilisateurs sont déjà nombreux. Voici ce qui ressort :
Ce que les patients saluent :
- Perte de poids souvent spectaculaire (15 à 25 % en 6-12 mois)
- Effet coupe-faim très puissant, y compris sur les envies de sucre
- Amélioration rapide des marqueurs métaboliques (glycémie, cholestérol, tension)
- Injection hebdomadaire simple avec le stylo KwikPen
Les critiques récurrentes :
- Nausées et troubles digestifs intenses, surtout dans les 2-3 premiers mois
- Prix prohibitif sans remboursement (350 euros/mois pour l'indication obésité)
- Difficultés d'approvisionnement en pharmacie (tensions sur certains dosages)
- Inquiétude sur le long terme : que se passe-t-il si on arrête ?
- Perte de masse musculaire chez certains patients qui ne font pas de sport
Mounjaro est un médicament utilisé en association avec un régime alimentaire et de l'exercice physique pour traiter les adultes dont le diabète de type 2 n'est pas suffisamment contrôlé. Il est également utilisé pour la gestion du poids chez les adultes en situation d'obésité ou de surpoids.
Source : Agence européenne des médicaments (EMA)
Mounjaro vs Ozempic vs Wegovy
Ozempic
Wegovy
Mounjaro
Sur le papier, le Mounjaro sort vainqueur en termes de perte de poids brute. Mais le choix ne se résume pas à un chiffre. Plusieurs facteurs entrent en jeu.
Si vous êtes diabétique de type 2, l'Ozempic reste souvent le premier choix car il est bien établi et remboursé. Le Mounjaro est une alternative si le contrôle glycémique est insuffisant.
Si votre objectif est la perte de poids, le Mounjaro offre les meilleurs résultats cliniques. Mais le Wegovyest une option solide à un prix légèrement inférieur. Le choix dépend de votre tolérance, de votre budget et de l'avis de votre médecin.
Dans tous les cas, ces traitements ne sont pas des pilules magiques. Ils fonctionnent en complément d'une alimentation adaptée et d'une activité physique régulière. Sans ces changements, la reprise de poids à l'arrêt est quasi certaine.
Comment obtenir une prescription ?
Le parcours est le même que pour le Wegovy. Depuis juin 2025, tout médecin peut prescrire le Mounjaro, y compris votre généraliste.
- Consultation médicale: votre médecin vérifie les critères d'éligibilité. Pour l'obésité : IMC ≥ 30, ou IMC ≥ 27 avec comorbidité. Pour le diabète de type 2 : insuffisamment contrôlé par les traitements existants.
- Bilan sanguin : glycémie, HbA1c, bilan lipidique et rénal, bilan thyroïdien (contre-indication thyroïdienne à vérifier).
- Ordonnance et pharmacie : le Mounjaro est délivré uniquement sur ordonnance. Vérifiez la disponibilité auprès de votre pharmacien car les ruptures de stock existent.
- Suivi régulier : consultations tous les 1 à 3 mois pour ajuster la dose et surveiller la tolérance.
L'achat de Mounjaro sur des sites non agréés est illégal et dangereux. Des contrefaçons circulent. L'ANSMalerte régulièrement sur les risques liés à l'achat de médicaments anti-obésité en dehors du circuit pharmaceutique officiel.
Questions fréquentes (FAQ)
Quelle perte de poids attendre avec le Mounjaro ?
Les études SURMOUNT montrent une perte moyenne de 15 % à 5 mg, 19,5 % à 10 mg et 20,9 % à 15 mg sur 72 semaines. En pratique, cela représente 15 à 25 kg pour une personne de 100 kg, selon le dosage et le mode de vie.
Le Mounjaro est-il remboursé ?
Oui pour le diabète de type 2 (65 % Sécurité sociale). Non pour l'obésité seule en 2026. La HAS a rendu un avis favorable au remboursement en décembre 2025, mais les négociations de prix sont toujours en cours.
Quelle est la différence entre le Mounjaro et l'Ozempic ?
Le Mounjaro (tirzépatide) agit sur deux hormones (GLP-1 + GIP), l'Ozempic (sémaglutide) sur une seule (GLP-1). Résultat : le Mounjaro produit une perte de poids supérieure (~21 % vs ~15 % à doses maximales). Les laboratoires sont aussi différents : Eli Lilly vs Novo Nordisk.
Mon médecin généraliste peut-il prescrire le Mounjaro ?
Oui, depuis le 23 juin 2025. Tout médecin peut prescrire le Mounjaro, y compris en initiation de traitement, pour le diabète de type 2 et pour l'obésité.
Le Mounjaro est-il dangereux ?
Sous supervision médicale, le Mounjaro a un profil de sécurité bien documenté par les études SURMOUNT (plusieurs milliers de patients suivis). Les effets secondaires graves (pancréatite, complications biliaires) sont rares. La vigilance porte surtout sur les effets digestifs en phase d'escalade.
Combien de kilos perd-on par mois avec le Mounjaro ?
En moyenne, 2 à 3 kg par mois une fois la dose cible atteinte. Les pertes les plus rapides sont observées entre le 3e et le 9e mois. Ensuite, la perte ralentit et le poids tend à se stabiliser.
Mounjaro ou Wegovy : lequel est le plus efficace ?
Le Mounjaro affiche des résultats supérieurs dans les études cliniques (20-25 % de perte de poids vs 15-17 % pour le Wegovy). Mais l'efficacité individuelle varie. Certains patients répondent mieux au sémaglutide, d'autres au tirzépatide. Seul votre médecin peut évaluer la meilleure option.
Que se passe-t-il à l'arrêt du Mounjaro ?
L'étude SURMOUNT-4 montre une reprise d'environ 14 % du poids perdu dans l'année suivant l'arrêt. C'est pourquoi le traitement est généralement envisagé sur le long terme, en association avec des modifications durables de l'hygiène de vie.
Vous envisagez un traitement GLP-1 ?
Comparez les trois traitements disponibles et prenez une décision éclairée avec votre médecin.
Découvrir tous nos guides GLP-1À lire aussi
Équipe Sveltia
Rédaction médicale
L'équipe éditoriale de Sveltia réunit des rédacteurs spécialisés en santé. Nos contenus sont fondés sur les recommandations officielles (HAS, ANSM, Vidal) et les études cliniques publiées dans des revues à comité de lecture.
Avertissement médical
Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Les informations présentées sont basées sur des sources scientifiques et institutionnelles (HAS, ANSM, Vidal, études cliniques publiées). Consultez toujours un professionnel de santé avant de commencer, modifier ou arrêter un traitement médicamenteux.
